Quelques textes écrits en atelier...
Je suis Flûte de pan

   Tu me fixes dans les cieux, comme l’instrument des dieux. Tu me donnes le pouvoir de taire les maux

  S’il te plait, amie du firmament, emmène-moi au-delà de ces montagnes. Voyage mystérieux, je le veux perpétuel.

Langage, je le suis, dans mes rythmes, dans mes sons.

   Partage symphonique, je le veux découvrir de par le monde.

   Amie, emmène-moi vers d’autres sons. Vers d’autres harmonies.

   Aide-moi à rendre les mots universels, planétaires et célestes à la fois.

 

Isabelle THEROND

Voyage imaginaire "entre deux photos

   Zut, c'est la grêve des bus ou quoi ?!

Nous voilà tankés là, à une dizaine, à regarder défiler les voitures qui nous gazent au passage.

   L'écran qui annonce combien de minutes nous séparent encore de l'arrivée du bus salvateur  - celui qui nous évitera des ampoules aux pieds - nous dit avec obstination : «temps indisponible».

   Déjà une demi-heure de « poireautage» et j'ai oublié bouquin et lecteur mp3. Rien à lire, rien à écouter : aucun moyen d'échapper à cette interminable attente.

   Je regarde machinalement l'affiche publicitaire de notre misérable abri et... quelqu'un a écrit dans le coin à droite : « Vivre me prend tout mon temps ! »

   Electro choc d'évidence !

  J'ai une lueur d'intelligence imprévisible comme lorsque le chien Rantanplan de Lucky Lucke est frappé par la foudre d'une idée géniale et s'évanouit sur place :

Je—vais—marcher—et—prendre—mon—temps !

   On me l'a dit une fois : « Si vous n'avez pas le temps, c'est que vous ne le prenez pas ! »

   Je m'embarque alors sur un chemin de traverse inconnu à la David Vincent des «Envahisseurs» et me retrouve à longer un muret. Je jette un œil distrait au-dessus.

   C'est alors que je la vois : sa robe fauve magnifique, ses yeux aux longs cils, sa démarche à pas mesurés. Elle mastique langoureusement une herbe vert tendre et me regarde nonchalamment.

   Son œil comme au beurre noir me laisse imaginer un improbable scénario d'un mari taureau colérique et plutôt « peau de vache » qu'aurait oser lever le sabot sur sa moitié désabusée.

« MEUUUHHH !»

   Je sursaute. C'est son petit. Un veau affamé qui trottine vers elle. Il tend un museau luisant vers les pis de maman : c'est l'heure de la tétée !

Je suis restée jusqu'au bout... et...

   J'ai raté mon rendez-vous.

Laurence

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